vendredi 20 novembre 2009

Le soleil de novembre

Novembre, les feuilles mortes et la pluie toujours…

Non ! Cette année, novembre est exceptionnel. Il met partout du soleil malgré la brièveté des jours. Il en met certainement sur tes lèvres et c'est pour le voir dans tes mots que je voudrais te lire. Un mot de toi et je devrais sentir ce rayon de chaleur qui me fera sourire à mon tour.

Si l'au-delà garde ses secrets et que le présent ne nous les livre pas tous, un homme et une femme s'en chuchotent toujours. Il suffit de se rapprocher pour que tout s'anime. Les feuilles d'automne deviennent des flocons d'or, le givre du matin un manteau d'argent, le soleil du midi le feu de mon cœur.

mardi 29 septembre 2009

Dis-moi Mignonne

Dis-moi Mignonne pourquoi faut-il
Que de tes sentiments si fragiles
De ta soif d'absolu et de bel idéal
Tombe un verdict si radical ?

Dis-moi Mignonne, pourquoi faut-il
Pour marcher à tes cotés sur le chemin
Que tombe aujourd'hui et non demain
Les questions-réponses les plus difficiles ?

De ta soif d'absolu et de bel idéal
Suis-je celui qui répond si mal
Pour que tombe un verdict si radical ?


mardi 28 juillet 2009

Entre autres chemins, le Chemin du Roy


Baie Saint-Paul et ses galeries d'art
Le Balcon Vert, imprenable, résiste toujours
Le parc des Grands Jardins - Le Mont du lac des Cygnes
Le Chemin du Roy entre les remparts de Québec et la plaine de Montréal
Je me demande parfois si la cruauté de jadis égale celle des guerres d'aujourd'hui. En lisant le récit de la persécution des Cathares, j'ai cru saisir que la cruauté du temps des Croisades était «créative» alors que celle d'aujourd'hui m'apparaît «standardisée».
Qu'importe !
J'ai renconté hier matin à la table du Balcon vert un couple de français, de jeunes toulousains débarqués au Québec depuis deux jours. Des grandes fenêtres de la cafétéria, la pluie tombait à grosses gouttes sur la vallée de Baie Saint-Paul. Ils m'ont tout de suite donné l'auteur de mon livre dont le nom m'échappait fortuitement. Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse. Je me fais de lui l'image d'un lettré, homme d'une certaine sagesse, «persécuté» politiquement lui aussi, dit-on, par des entités puissantes et sans scrupules, tout comme Raimond «le Cathare», le titre du livre aussi.
Les vacances sont toujours propices à la lecture, à la rêverie, à la réflexion même. C'est une activité de prédilection à laquelle je me livre au lit le soir, étendu dans mon hamac ou assis à la table de pique nique le jour... et ces derniers jours debout. J'ai lu debout sur la falaise face à Baie Saint-Paul. Je fais parfois quelques pas, comme les prêtres que je voyais, enfant, lire leur bréviaire en faisant les cent pas. Rien de religieux dans tout cela, quoique nous savons tous que de qualifier mon attitude de zen passerait, la qualifier de chrétienne, ouille !
Qu'importe !
Les Chrétiens, ouf ! On ne peut leur donner le bon Dieu sans confession. C'est ce que Baudis, qui traite de persécution et de tolérance, de la brutalité qui l'emporte si facilement sur le bon jugement me rappelle.
Le camping, la route, les pleins d'essence dans des stations service inconnues, sont encore des activités de vacances. Mais ce que je préfère est encore la randonnée à pied. Elle prend toutes sortes de formes, mais qu'elle prenne la forme athlétique, de santé ou contemplative; qu'elle se déroule sur le plat comme en montagne, je m'en délecte en haut comme en bas.
J'aurai marché seul ou en compagnie. D'abord sur les pentes traversées de sentiers juste derrière le Balcon vert; deux fois et longuement sous la bruine et la pluie d'été dans le beau village de Baie St-Paul à visiter consciencieusement les nombreuses galeries d'art. J'aurai fait l'ascension du
Mont du lac du Cygne dans le Parc des Grands jardins; Pointe du Lac, près de Trois-Rivières, pour trottiner dans la belle forêt domaniale panachée d'arbres matures et en parfaite santé pour finir par une gentille promenade à l'Île Lebel (Repentigny).
Quelles vacances ! Belles vacances !
Pas d'ampoules aux pieds, ma tente sèche dans le garage et encore plus de cent pages à lire.


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lundi 29 juin 2009

Je m'amuse

Je m'amuse

Un échange d'idées intéressant me plaît, un échange de sourires, un échange de politesses, un échange de corps à corps... tout dépend des circonstances et des corps en présence encore, des âmes qu'ils abritent itou mon minou. Mais petit trémol, sang, vol; âme en vol flotte mais ne fait pas de toi un ange.
De la balance, petit bémol, entre l'ange et le petit diable mon coeur se balade, entre la pleine lune et la nouvelle lune, un loup garou gambade...
Le diable dit : Sans petits travers la vie serait tout ordinaire.
L'ange de répondre tout à l'envers:
Pour te calmer les capillaires, va prendre une tite vite d'atmosphère,
un genre de gros bol d'air.
Be zen taboire !
Inspire par le nez expire par le yang et oublies-en sarpent les formes crépusculaires.
Né Z E N, mot à N E Z, mots nez à nez...
J'en peux plus, j'en deviens ZEN NEZ
ZEN, ce mot à nez

lundi 30 mars 2009

Triple rando à vélo

Et un jour, on pose son vélo après une rando d'enfer et quelques années plus tard, on constate qu'il a rouillé... (photo de Marie-josée)
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Troïka cycliste du 14 juillet

Parc des Iles de Boucherville, c'est court, c'est plat. Ce qui me frappe aussi ce sont ces nombreuses affiches qui mettent en garde le randonneur contre, paraît-il, l'abondance des chevreuils. Eh oui ! Mon œil de chasseur d'images est mis en état de veille, mais très vite, faute de cervidés à croquer, mes observations dévient sur d'autres attraits du parc. Quoi d'autre ? Le site offre un mélange de vues des rives nord et sud du fleuve Saint-Laurent. Chemin faisant, le paysage se modifie constamment comme pour tromper la monotonie de la plaine : vue sur Boucherville et son église, vue sur Montréal, vue d’un chapelet de plans d'eau encombrés d'embarcations de plaisance petites et grandes. Je roule doucement sur la piste. Cette surface étroite faite de petites roches bien tassées coupe à travers une succession de prairies et de petits boisés. Au passage, il monte jusqu’à mes narines des parfums changeants, comme autant de marqueurs olfactifs. En cette fin de journée du 13 juillet, l'air chargé d'humidité transportait des milliers de petits insectes qui collaient aux vêtements et à la peau, sans piquer. Les cinquante minutes de vélo, somme toute d'une exigence physique modérée pour moi qui aime bien maintenir une sortie ou deux par semaine, sont à marquer d'une pierre blanche. Rien à voir avec la difficulté du parcours, c'était la première fois que je faisais du vélo avec Louise-Michelle et Patrick. On s'est bien promis de répéter l'expérience.

Montebello, matinée du 14 juillet. Vélo de montagne au nord du village.
Du sport en solo. Maintenant sur le chemin du retour à la maison, je fais ma première halte cycliste de la journée, car il y en aura une deuxième. Ici, on n’est plus à Boucherville, c'est du sérieux. La sueur, la boue et les mouches à chevreuil se combinent dans un cocktail d'enfer. La piste, large à certains endroits, prend ailleurs l'allure d'un véritable fond de torrent asséché. Petits cours d'eau, fondrières, pentes escarpées et sinueuses, le parcours est traversé ici et là de gros cailloux et de morceaux de roc qui représentent autant de risques de chute. Dans cette piste, l’attention doit être sans faille. Mais quel plaisir!

À cet endroit le chevreuil n’est pas rare. Trois semaines passées, j'en avais surpris quelques uns, une petite troupe nerveuse, qui d’ailleurs avait tout de suite détalé à mon approche. Cette fois, je n'ai rien vu que des «couchettes» de grandes herbes aplaties qui laissaient deviner que les bêtes y avaient passé la nuit et qu’elles étaient toujours là, probablement pas très loin, dissimulées et immobiles derrière un écran végétal bien touffu. J'ai poursuivi ma cavale.

L'odeur des framboises sauvages, l'humidité des baissières ombragées qui contrastait avec le sol sec et durci des sommets ensoleillés, cette piste est à chaque fois un petit défi et une magnifique expérience. Je n'ai rencontré personne, je n'y ai vu personne et ça ne coûte rien. Allez-y mais faites-le doucement, histoire de préserver l'intimité du lieu.

Plaisance, 14 juillet. Parc national de Plaisance
D'abord, il faut vous le dire, la Réserve faunique de Plaisance est devenue depuis cette année un Parc national du Québec. Peu de changements pour l'instant, si ce n'est qu'il faut désormais s'enregistrer et payer de modestes droits d'accès de 3,50$ Je me suis garé à l'entrée du Parc puisque comme je l'ai expliqué à la jolie «ranger» de service, je ne suis là que pour le vélo. Par conséquent, peu me chaut de déplacer mon pick-up de cent mètres et de rouler cent mètres de plus sur deux roues. Vous voyez ! Toutefois, ça se complique. Imaginez-vous donc que la route ne fait pas partie du parc mais la piste cyclable, qui y est parallèle la plupart du temps, elle, en fait partie. J'avais donc le droit de rouler sur la route mais pas sur la piste juste à coté. Bon enfin ! Je ne vous dirai pas tout, mais le lecteur comprendra aisément mes réserves sur la Réserve.

Le Parc de Plaisance n'est pas sans rappeler par certains aspects le Parc de Boucherville. Abondance de l'eau sur tout le parcours, relief plat, mélange de boisés et de champs. En somme, deux écosystèmes très voisins, l’un formé d’îles, l’autre de deux presqu’îles.

Cette triple randonnée sur deux jours fut celle des parfums de fleurs de la mi-juillet où l'équilibre végétal de l’été atteint ici un sommet. Dans deux semaines, tout aura déjà commencé à basculer dans l’orbite de l’automne : moins de variétés de fleurs, formation des fruits et des graines sur les tiges, les parfums à prédominance florale se muant graduellement en odeurs de terre entretenues par les rosées matinales qui s'allongent. Entre temps, les verts tendres l'emportent largement sur le jaune et l’ocre des graminées et de la verge d’or alors que, dans la composition que forme ce tableau, les espèces hâtives mûrissent déjà leurs graines. Par la magie des forces naturelles culmine la palette des couleurs estivales dont la fragilité se révèle dans tant d’éclat. Mais n'y pensons pas. À l'heure de l'angélus, j'ai humé jusqu'à m'enivrer les parfums qui flottaient dans l'air chaud. Les vesces, le mélilot, le trèfle, l'asclépiade, les vergerettes, et les dizaines d'autres espèces familières dont les noms m'échappent.

Celui pour qui la nature est toujours une occasion de s'émouvoir s'accroche à son vélo et en fait son moyen d'exploration privilégié, tout de suite après la simple et si naturelle marche à pieds. Parmi les avantages du vélo, on avance assez silencieusement et on brûle de l'énergie sans jamais manquer de «gaz». De plus, si on peut surprendre des chevreuils à l'occasion, on est toujours sûr de revenir avec des images plein la tête, même les jours où l’on ne voit les panaches que sur des affiches jaunes !

Jour de la prise de la Bastille. Je termine en laissant à méditer cet extrait de Rouget de Lisle :

Liberté, Liberté chérie
Combats avec tes défenseurs!
Sous nos drapeaux, que la victoireAccoure à tes mâles accents
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire!

La Marseillaise


Gilles Verrier
14 juillet 2002
Revu le 14 déc. 2008
En vol pour la Réunion